Premier check-up : le design sous la loupe
Premiers regards : « Ok, y’a du style »
Ma toute première mission chez O3il Production a été simple sur le papier : regarder le site existant… mais avec mes yeux d’UX/UI designer. Autrement dit, repérer tout ce qui fonctionne, tout ce qui cloche et tout ce qui pourrait briller encore plus.
Et, dès la première impression, je me suis dit : « Wow, l’univers est là ! ». L’ambiance visuelle colle parfaitement à l’ADN artistique de l’entreprise : c’est marqué, assumé et ça attire tout de suite l’attention. On sent une vraie identité, un ton et un style.

Mais, évidemment, mon cerveau de designer n’a pas pu s’empêcher de repérer les petits « hmm » derrière les « wow ». Quelques ajustements ciblés pourraient fluidifier la navigation, rendre la lecture encore plus agréable et surtout créer ce petit lien direct avec l’utilisateur.
L’émotion, oui… mais pas jusqu’au cœur
Ensuite, j’ai analysé ce que l’utilisateur ressent en se baladant sur le site. Et là, bonne nouvelle : on est pris par l’atmosphère. C’est sensible, poétique et ça respire la sincérité. On voit que chaque visuel est choisi avec soin, que rien n’est laissé au hasard.
Le petit hic ? Cette force visuelle peut aussi mettre un peu de distance. On admire… mais on ne se sent pas toujours invité à entrer dans l’histoire. Il manque parfois ces repères plus humains, ces petits signaux qui font qu’on se dit « ah, ça me parle à moi ». Avec quelques touches plus incarnées et un guidage plus fluide, l’émotion pourrait passer du simple « regard admiratif » à un vrai ressenti personnel.
Le passage au scanner UX
Enfin, je suis passée à l’audit complet, la partie « microscope » du métier : page par page, desktop et mobile, en m’appuyant sur mes chouchous : les heuristiques de Nielsen, les règles d’or de Bastien & Scapin et les lois UX (Fitts, Miller, Jakob, Gestalt…).

Verdict : le site a déjà une belle personnalité et une cohérence graphique évidente. Les projets sont visibles rapidement, sans avoir à fouiller.
Mais quand on gratte un peu, on tombe sur de petits cailloux dans la chaussure :
- Sur mobile, un double menu qui embrouille un peu.
- Des sections parfois trop serrées, qui manquent d’air et de séparation.
- Un footer qui se fond tellement qu’on le cherche presque.
- Quelques détails visuels (alignements, styles de boutons) pas totalement uniformes.
- Côté contenu, les pages projets mériteraient un peu plus de storytelling et d’introduction… pour que le visiteur plonge vraiment dans l’histoire derrière chaque création.
Avec plus de cohérence visuelle, une navigation mobile simplifiée, des textes vivants et une structure plus claire, ce site pourrait passer du statut « beau et pro » à « marquant, fluide et mémorable ».
Plongée technique : le SEO au scanner
Bilan technique : une bonne base, mais pas parfaite
Après avoir ausculté le site côté design, je suis passée à la partie « coulisses invisibles » : le SEO (Search Engine Optimization).
Bonne nouvelle : O3il Production a déjà de bonnes fondations. Le site ? Google le trouve les yeux fermés (on appelle ça être bien « indexé »), avec des adresses de pages propres (les URLs), simples à lire et sécurisées (merci le petit cadenas HTTPS).
Aucun lien cassé qui mène dans le vide, donc pas de mauvaise surprise en cliquant.
Et côté organisation, c’est carré : le fameux robots.txt et le sitemap.xml sont bien en place. En langage humain : Google a reçu une carte avec une boussole et sait exactement où cliquer pour explorer tout le site sans se perdre.
Petit bémol repéré : un lien manquant sur une page projet. Rien de dramatique, mais ça reste un petit grain de sable à enlever pour garder la machine bien huilée. Côté redirections, tout est nickel : une seule version sécurisée des URLs, avec balise canonique en prime pour éviter les doublons.
Les balises et la structure : prometteur, mais perfectible
Ensuite, j’ai décortiqué la structure SEO des pages, c’est-à-dire comment les pages sont organisées pour plaire à Google et aux visiteurs. Sur le papier, c’est propre :
- Un H1 unique et pertinent par page (le titre principal, celui qui dit clairement « voici de quoi on parle »).
- Des H2 (les sous-titres) clairs et qui structurent le contenu.
- Des balises <title> (le titre qui s’affiche dans l’onglet du navigateur ou sur Google) personnalisées et bien pensées.
Côté navigation, rien à redire : le menu et le footer emmènent facilement vers les pages importantes et les liens internes (des liens qui mènent d’une page à une autre du site) créent un vrai petit réseau qui a du sens.
Mais… il y a toujours un « mais » :
- Les meta-descriptions (le petit texte sous le titre d’une page sur Google) sont souvent absentes ou trop vagues. Dommage, car c’est ce qui donne envie de cliquer.
- La hiérarchie des titres (l’ordre logique entre H1, H2, H3…) manque parfois de logique, ce qui peut perdre un peu Google.
- Certains titres HTML pourraient intégrer plus de mots-clés stratégiques pour que le site ressorte mieux sur certaines recherches.
- Le contenu est parfois un peu court et pas assez de contexte pour vraiment accrocher l’utilisateur et Google.
Avec plus de texte enrichi, une structure plus cohérente et des meta-descriptions qui donnent envie de cliquer, la visibilité du site pourrait vraiment faire un bond.
Images et médias : beaux, mais pas encore optimaux
Côté visuel, rien à dire sur l’esthétique : les photos et vidéos sont superbes, dans le site, et elles s’adaptent automatiquement à tous les écrans (c’est ça qu’on appelle un affichage « responsive »). Elles sont aussi gérées via un CDN (un système qui permet de charger les images depuis un serveur rapide et proche de l’utilisateur), ce qui aide à accélérer l’affichage.
En revanche, côté SEO pur, il y a encore de quoi gratter :
- Certaines images n’ont pas de balise alt pertinente (c’est un petit texte qui décrit l’image pour Google et pour les personnes qui ne peuvent pas la voir).
- Les noms de fichiers sont parfois trop vagues, du type « image1.jpg » au lieu de « tournage-clip-musical.jpg » (ce qui aiderait Google à comprendre le sujet).
- Le poids des images pourrait être un peu plus réduit pour accélérer le chargement.
Il serait intéressant d’ajouter des légendes aux visuels clés pour donner du contexte à Google… et aux visiteurs.
L’audit page par page : le vrai diagnostic
Enfin, j’ai passé chaque page au crible, en m’appuyant sur plusieurs piliers du SEO :
- Optimisation on-page : vérifier que les titres, balises, meta-descriptions et mots-clés sont bien utilisés.
- Qualité du contenu : voir si le texte est pertinent, complet et clair (c’est ce qu’on appelle les critères Google E-E-A-T : Expérience, Expertise, Autorité et Fiabilité).
- Structure technique : s’assurer que les adresses des pages (URLs), les liens internes (le maillage) et les descriptions d’images (balises alt) sont bien rédigés.
- Accessibilité : vérifier que le site est facile à lire, dans un langage clair et cohérent.
- SEO local : contrôler que l’adresse et les infos de contact soient bien présentes et visibles.
- Expérience utilisateur liée au SEO : s’assurer que le visuel et le texte soient cohérents, que le site soit rapide et que la navigation soit fluide.

Résultat : un site bien pensé pour l’utilisateur et techniquement solide… mais qui pêche côté contenu éditorial. Titres parfois trop poétiques pour être clairs et les mots-clés spécifiques sont rares. Ils manquent souvent des précisions sur le type de projet, le lieu ou le client. Quelques termes en anglais dans les boutons brouillent aussi un peu le message.
L’espionnage créatif : le benchmark
Mettre un visage sur nos visiteurs
Pour savoir dans quelle direction partir, il fallait d’abord comprendre à qui on s’adresse vraiment. J’ai donc créé trois personas, des profils types qui représentent les visiteurs idéaux du site :
- Julie, chargée de communication dans une PME ou une institution. Elle cherche un prestataire vidéo fiable, efficace et pro. Pas de blabla inutile, mais des preuves de sérieux et de résultats.
- Lila, directrice artistique en agence. Elle veut une agence avec une identité visuelle forte, un vrai parti pris artistique et une équipe clairement présentée. Elle veut savoir qui est derrière la caméra.
- Maxime, créatif ou artiste indépendant. Lui vient pour s’inspirer, voir du beau et peut-être trouver des gens avec qui collaborer.
Tous ont un point commun : ils veulent un univers sensible, cohérent et incarné. Mais ils ont aussi leurs inquiétudes : un site trop froid, un manque de contexte, pas assez d’émotion ou pire, un contenu vide. De quoi donner envie de bosser le fond et la forme.
Les objectifs : notre boussole pour avancer droit
Une fois les profils définis, il fallait savoir comment mesurer le succès de la refonte. J’ai donc fixé des KPI (indicateurs de performance), mais promis, je traduis :
- Une compréhension rapide : 80 % des visiteurs doivent comprendre en moins de 5 secondes qui est O3il Production.
- Un parcours utilisateur fluide : accéder aux pages clés en moins de deux clics.
- Une lisibilité optimale : obtenir un score moyen de 4/5 lors des tests utilisateurs.
- SEO boosté : que 100 % des pages aient leur meta-description, leurs titres bien hiérarchisés et qu’on gagne au moins +10 % de trafic organique au bout de 6 mois.
- Performances techniques : sur mobile, atteindre un score PageSpeed supérieur ou égale à 75/100 et charger en moins de 4 secondes.
Il faut que le site soit beau, rapide, clair, bien classé sur Google et efficace.
Jeter un œil par-dessus la clôture
Faire un site dans son coin, sans regarder ce que les autres proposent, c’est un peu comme cuisiner un plat en inventant la recette… sans savoir si quelqu’un l’a déjà testé ou raté avant toi. Alors, j’ai fait ce qu’on appelle un benchmark : passer les concurrents au peigne fin pour voir leurs forces, leurs faiblesses et leur style.
J’ai sélectionné cinq concurrents directs d’O3il Production :
- Impeesa Production : un style très cinématographique, proche du court-métrage, avec beaucoup de storytelling.
- Sight Films : une approche documentaire immersive, où on sent qu’on pourrait rester des heures à explorer leurs vidéos.
- KabochArts : très orienté animation et pédagogie, avec un style clair et structuré qui met l’accent sur expliquer et faire comprendre.
- Yalp Video : hyper dynamique, pensé pour les réseaux sociaux, avec beaucoup de formats courts et rythmés.
- Les As Frenchies : créatif et décalé, pile dans les tendances virales.
J’ai comparé leur localisation, leur positionnement, les types de projets qu’ils réalisent, leurs clients cibles, leur approche esthétique, leur niveau technique et même le CMS qu’ils utilisent. Un CMS (Content Management System) est un outil qui permet de créer, gérer et modifier facilement un site web sans avoir à tout coder soi-même. Ce petit détail en dit long sur leur manière de bosser : la plupart sont sous WordPress, sauf Yalp Video en HubSpot et Les As Frenchies en Drupal.
Le verdict ? O3il Production se distingue par son identité poétique et sensible, son esthétique visuelle forte mais minimaliste et une production légère, qualitative et humaine. Là où d’autres misent sur l’effet « wow » immédiat, O3il préfère raconter une histoire avec sincérité, tout en laissant respirer l’image.
Ce benchmark ne servait pas juste à dire « voilà qui on est » : il m’a aussi permis de voir où on pouvait gagner du terrain. Par exemple :
- Apporter plus de contexte dans les projets pour créer du lien avec le visiteur (comme le fait très bien Sight Films).
- Intégrer quelques éléments dynamiques pour capter l’attention, sans perdre l’élégance (comme KabochArts, mais en plus épuré).
- Clarifier l’identité de l’équipe pour humaniser le site (comme le font Impeesa et Yalp).
Ce benchmark, c’était un peu ma carte au trésor pour savoir où creuser et éviter de tomber dans les mêmes pièges que les autres.
Remplir la boîte à bonnes idées
Une fois le terrain cartographié, il fallait rassembler de la matière pour nourrir la création. C’est là qu’intervient l’étape moodboard : collecter des exemples visuels, des mises en page, des idées graphiques… tout ce qui pourrait servir de carburant créatif pour la suite.

J’ai donc passé en revue :
- Des sites d’agences vidéo, principalement à Lyon, Grenoble et Paris.
- Des portfolios de designers que j’admire.
- Des galeries d’inspiration sur Behance, Dribbble et Awwwards.
J’ai gardé en tête d’avoir dans le site :
- Des typographies élégantes et artistiques pour les titres, associées à une police moderne et très lisible pour les textes.
- Des mises en page rythmées avec blocs de couleur pour structurer et attirer l’œil.
- Des projets immersifs avec de grands visuels accompagnés de textes courts puis détaillés.
- Une interface cinématographique : fond sombre rehaussé par des touches de bleu vif pour guider la navigation.
Ce travail m’a permis de créer un kit d’inspiration directement réutilisable pendant la conception. Ce n’est pas un catalogue « à copier » (ça, c’est hors de question), mais plutôt un réservoir d’idées dans lequel piocher au bon moment.
Et puis, soyons honnêtes : c’est aussi l’étape la plus fun. On se perd un peu dans des sites incroyables, on se dit « oh ça, ça claque ! » et petit à petit, on commence à voir la vision finale du futur site.




